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samedi, 19 août 2006

Queyras 2006 - Mercredi 9 août

Plus longue journée, peut-être la plus difficile, mais il s'agit de ma préférée...

Lever difficile, mais après le petit dèj (il fait toujours aussi froid !), on part : il est près de 8h30, je crois. On commence par le col. Dur, mais je m'accroche, la fin sera le plus difficile. Les sommets se découpent ; derrière le col, on devine le soleil éblouissant, le ciel bleu... et que nous réserve le paysage derrière ce sol ??

Pendant cette ascension, nous retrouvons nos deux chamoix au loin, difficile à distinguer tant ils se confondent avec les pierres qui parsèment cette montagne... C les prend en photo à plusieurs reprises...

Derrière ce col de Valante (2815m - http://queyras.aparcourir.com/c_geo/geo_fiche.php?id=C_colValante), on aperçoit ... le Mont Viso (http://queyras.aparcourir.com/c_geo/geo_fiche.php?id=MontViso) : un roc planté au milieu de toutes ces montagnes, tellement impressionnant car il semble tout seul ... alors qu'il ne l'est pas ! Il est encore enneigé, et certains nuages commencent à le voiler. Le col Valante nous offre la joie de croiser un bouquetin... inimaginable !

Puis on commence la descente, heureusement on ne va pas jusqu'en bas (le moral en aurait pris un coup autrement !) : en fait, on longe la montagne sur son flanc, ça monte, ça descend, et c'est très joli ; il y a qq passages difficiles, mais on s'en sort...

2ème col de la journée, le plus facile : le Passo della Losetta. là, on a croisé les premières neiges ! Puis on a commencé la descente : une sainte horreur, cette descente. Je pleure beaucoup dans cette descente, à nouveau de la rage, du désespoir, des doutes, des certitudes que ce que je fais je le fais pour moi et pas pour cette P***** de reconnaissance que je n'obtiendrai jamais de l'Autre... Que c'est douloureux, je réalise tant et tant de choses au milieu de ces cailloux désagréables qui rendent la descente archi compliquée, je me trompe de chemin parfois, je le retrouve (ouf :-)) et je coince mes bâtons entre eux, bref, ils m'énervent ces cailloux. D'ailleurs, là ça me fait penser à une chanson de Bénabar, sur l'apprentissage du vélo !

Bon bref, ce jour-là, j'avais pas cette chanson dans la tête, et c'était fort dommage, mais c'est comme ça !!

E est loin devant, C est quasiment en bas... Ils vont m'attendre, je commence à désespérer, je me flagèle, c'est l'horreur ce truc, y en a marre de se faire du mal, de s'envoyer des paroles qui me font mal partout... STOP ! Je m'arrête en pleine descente, le coeur et le corps secoués, les larmes me brouillent un peu la vue, mais je repars de plus belle : elle ne va pas m'avoir cette montagne, non ! Finalement, j'arrive, je les rejoins, je suis pas hyper fière car j'ai du retard et surtout mes pieds me font vraiment souffrir...

On fait une longue pause, on mange, et après on repart. Le refuge du Viso est en vue. Alors qu'on le rejoint, on retrouve le couple qu'on avait croisé le 1er jour ! Sympas, ils nous proposent de prendre nos poubelles, mais je me vois mal la leur donner : il s'agit de mes déchets, donc, c'est non, désolée !

Le temps derrière nous se couvre de plus en plus, on n'aperçoit plus le sommet du Mont Viso, mais seulement une petite partie. On quitte le refuge et on entame le dernier col de la journée, le col Sellière (2834m - http://queyras.aparcourir.com/c_geo/geo_fiche.php?id=c_ColSelliere). Il est dur celui-là, je sens déjà qu'il va me donner du fil à tordre ! Mes pieds n'en peuvent plus, je commence à en parler car ça me pompe le moral et fait naître les larmes aux yeux, et j'en ai marre de pleurer à chaque passage difficile, soi-disant....

Alors que je commence à peiner, il commence à pleuvoir et je rejoins C et E qui ont quitté le chemin pour se poser... On enfile nos vestes en gore-tex, on met la "rain-cover" sur le sac à dos et on attend que l'averse de grêle passe... et elle passe, sauf que le col est noir : le ciel n'est pas clément, on s'attend au pire : C se demande si un orage n'est pas derrière.. J'espère très fort que non, car ça veut dire qu'on doit tout descendre en courant et je sais que mes petits petons ne le supporteront jamais....

Heureusement, on croise un couple d'Allemands avec leurs deux filles qui nous renseignent dans un beau français : le col est ok, pas d'inquiétude, on peut y aller... OUF

L'ascension reprend de plus belle, la gore-tex en plus, le vent souffle, il ne fait pas chaud. L'ascension me paraît interminable, je m'arrête plusieurs fois pour reprendre mon souffle, j'ai encore pleuré, c'est vraiment dur de traverser ce désert, mais je savais que c'est ce qui allait se produire.. ALORS ?
Et bien, je relève la tête courageusement vers le sommet et je me dis que je vais y arriver, .... et j'y arrive ! Moralement un peu fatiguée, car j'ai les pieds en compote, mais je tiens le coup, et je suis fière d'y être arrivée... C'est notre 3ème et dernier col de la journée, mais nous ne sommes pas encore au bout de nos peines...

En effet, la route est longue car nous devons rallier le refuge Jervis... et là encore, que de la descente... Je réalise à nouveau que je préfère monter que descendre ! Le courage est toujours là, ainsi que ma volonté ! Je les motive en les persuadant qu'on arrivera là-bas ce soir... et pourtant, on a encore au moins 10/20 km à marcher... et 1200m de dénivelées...

Je les suis de près pour la 1ère partie de la descente jusqu'à ce qu'on croise des pierres, et là, ils prennent de la distance, malheureusement. Je les retrouve près du refuge Granero, où il y a un lac fort joli. Le temps se couvre. Pendant la pause, C fait tremper ses genoux qui le font souffrir, et on garde nos polaires, gore-tex, bonnets en polaire, et gants !! Un comble pour un mois d'août...

On repart, ils en peuvent plus, je suis galvanisée par notre prochain arrêt qui concluera notre longue étape...

Et on y est arrivé à ce refuge (1850m - http://queyras.aparcourir.com/c_geo/geo_fiche.php?id=RefJervis), comme qui dirait grâce à la volonté et à la force du poignet....

Mes pieds n'en peuvent plus, je n'ai qu'une envie, c'est prendre une douche, enlever ces chaussures de M**** et rentrer chez moi. Je suis épuisée moralement... Mais après quoi je cours, je vous le demande ???!!!! Vers moi-même ma fille !!!!

On plante la tente après avoir réservé pour le dîner et le petit dèj : enfin, un vrai repas... On savoure une bière (ça fait pas très sérieux), mais j'ai besoin de lâcher un peu la pression....
Au repas, nous partageons notre table avec une groupe de jeunes gens (5 personnes, 2 filles et 3 mecs) qui randonnent ensembles et font des étapes +/- importantes, mais sont ravitaillés et transportés par les parents... Des jeunes en prépa à Paris, ils sont jeunes, font des remarques supers jeunes, mais ça fait du bien de se détendre, de se dérider, décrisper les mandibules !!! E et moi appréciont vraiment de se retrouver dans un endroit où il fait chaud...

Une douce torpeur et quiétude m'envahit : je suis ici et ailleurs, je pense aux gens que j'aime et qui sont à Paris : que font-ils ? Pensent-ils à moi ? Je me sens engourdie par cette chaleur, limite un peu groggy, mais cette sensation est vraiment agréable...

On rentre se coucher pas très tard, dans le pré voisin où d'autres ont aussi planté leur tente... Je m'endors sans difficulté, je sais que je n'aurais pas froid cette nuit, et ça me rassure...

08:50 Publié dans Vacances | Lien permanent | Commentaires (2) | Tags : Queyras, vacances, rando

Commentaires

Hello Sophie...
Comme je te comprends !!! J'ai vraiment découvert la rando cet été en Corse (1 petite semaine à crapahuter) et j'ai essayé de faire saisir à mes amis une fois de retour quel a été mon sentiment en marchant... Je n'arrive pas à mettre de mots sur cette plénitude, ce sentiment de grandeur et de petitesse, cette énergie gagnée grâce à l'effort. J'ai a-do-ré... Je n'ai qu'une envie, c'est découvrir la rando dans nos montagnes françaises et j'espère que ça va se faire très vite. Ton récit est tellement vrai, ça me motive encore plus ! Bravo !

Écrit par : elise | vendredi, 25 août 2006

Merci de ton message et bienvenue !
Je rêve de parcourir la Corse, alors tu me mets encore plus l'eau à la bouche... Je suis vraiment ravie. La montagne française est belle, dur mais vraiment belle, et ça m'a donné encore plus de recommencer à marcher... Alors, en attendant, je le fais à Paris !!

Écrit par : Laurenn | vendredi, 25 août 2006

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